23.04.2007

Y croire, surtout dans des situations de stress

Jacques Borlée, vice-champion d’Europe du 200 mètres plat m’a sidéré, un jour, lorsqu’il m’expliquait qu’il s’entraînait en s’attachant à une moto avec un élastique. Il me disait en effet que « si son corps parvenait à aller aussi vite attaché, cela voulait dire qu’il était capable de courir à cette vitesse sans élastique. »
Evidemment, ce n’était pas tout à fait vrai mais, malgré tout, cette remarque avait quelque chose de censé.
Quel rapport avec le tennis ? A première vue, pas grand-chose, encore que les Borlée, s’ils sont avant tout des athlètes, présentent aussi quelques membres de leur famille classés séries B négatives. Non, si l’on fait référence à cette remarque, c’est parce que Kirsten Flipkens, à Delray Beach, a montré qu’elle disposait de tous les coups pour monter davantage dans la hiérarchie mondiale. Elle a mené face à Venus Williams et, dans le troisième simple, elle a pris le premier set face à King. Jamais, en fait, la leader de l’équipe belge de Fed Cup n’a démérité.
Puisse-t-elle dès lors se persuader que ce qu’elle a réussi le week-end dernier dans une épreuve majeure, elle est capable de le faire tout le temps, y compris face à des joueuses de niveau moyen.
Oui mais voilà ! Il est nettement plus aisé de bien jouer lorsque l’on a rien à perdre que lorsque sa carrière en dépend. Ainsi, face aux Américaines, Kirsten savait qu’elle n’avait pour ainsi dire aucune chance de triompher. Elle a donc osé tous les coups, sans se soucier réellement de l’échec. Dès demain, ou plus exactement dès la semaine prochaine, elle sera à nouveau dans des conditions plus difficiles puisque opposée à des joueuses de son niveau et qu’elle doit ABSOLUMENT battre pour avancer.
Georges Deniau, un entraîneur de haut niveau, m’expliquait il y a une quinzaine d’années, que tous les joueurs du Top 200 et toutes les joueuses du Top 150 avaient la capacité de frapper toutes les balles dans n’importe quelle position. Mais il ajoutait que seuls les meilleurs osaient les frapper aux moments clés, lorsque la pression est au maximum.
Flipkens, comme tant d’autres, sait désormais qu’elle dispose des outils. Elle doit maintenant les utiliser dans les conditions extrêmes et pas uniquement dans le confort d’une rencontre dite perdue à l’avance.
P.H.

17.04.2007

Federer, le chaud et le froid

Le même jour, soit ce lundi, Roger Federer m’a épaté et énervé. Epaté en prenant la tête de la fronde contre … l’ATP Tour. Enervé en confirmant sa participation à un match grotesque.
Commençons par le côté sympa, celui qui est en partie épatant. Le leader mondial, assisté de son dauphin Rafael Nadal, s’est en effet insurgé contre l’Association des… tennismen professionnels. Laquelle prend, selon le Suisse, des décisions trop rapides et non concertées. Parmi ces décisions, celle de rétrograder le tournoi de Monte Carlo dans la hiérarchie des tournois. Le cocasse, dans l’histoire, c’est que l’ATP a été créée il y a plus de trente ans par les joueurs pros qui en avaient marre d’être dominés par les organisateurs de tournois… Depuis , l’ATP est devenue une tellement grosse machine que les joueurs – pris par leur véritable métier – ont un peu perdu la main, dirigés qu’ils sont par des administratifs qui, forcément, ont une espérance de vie pro plus longue que la leur. Il est donc réellement épatant qu’un Numéro 1 mondial prenne les choses en mains et s’insurge.
Dans le même temps, donc, on apprenait que le même Roger Federer allait se prêter, avec … Rafael Nadal, à un match exhibition qui les verra jouer l’un contre l’autre sur un terrain… mixte. A savoir que, d’un côté du filet, le court sera en gazon et que, de l’autre, il sera en terre battue. Ce qui donnera lieu à un changement incessant de chaussure (les semelles n’étant pas les mêmes sur terre et sur herbe) et de jeu de jambes. Cette exhib risque aussi de poser de sérieux problèmes physiques aux deux champions qui pourraient avoir envie de glisser sur gazon comme ils l’auront fait quelques minutes plus tôt sur terre. Cette mascarade aurait pour but de voir qui est réellement le meilleur, entre Nadal et Federer. Question stupide tant on sait que c’est évidemment le Suisse qui est l’incontestable leader mondial.
Etonnante, non, cette dualité dans le chef de Federer qui, en un jour, parvient à défendre l’image de son sport avec la plus grande clairvoyance et a ensuite la faire pâlir, sans doute sans y avoir réfléchi ?...
P.H.

12.04.2007

Trucs et astuces (6)

6. Je hais, je vomis les balles slicées. Elles n’avancent pas et je perds tous mes moyens.


La saison extérieure est là et, avec elle, reviennent les problèmes de la terre battue... Dont les balles slicées...

Une balle slicée (coupée) paraît très difficile à négocier pour trois raisons. Un, c’est un coup qui n’est quasiment plus joué par les plus jeunes. Deux, la balle va moins vite que les balles jouées plates ou liftées. Trois, elles rebondissent plus bas.
Sur le premier point, il n’y a rien à faire, sauf attendre que tous les sliceurs – souvent plus vieux – disparaissent…
Sur le deuxième, c’est clairement une question de rythme. Comme la balle va moins vite, il faut commencer son mouvement de frappe un peu plus tard que sur une autre balle plate ou liftée. Or, comme généralement, vous avez peur des slices, vous êtes nerveux et vous ne vous contrôlez plus. Vous commencez donc la frappe au même moment que d’habitude et votre raquette arrive trop tôt à l’endroit de frappe. La balle n’étant pas encore là, vous ralentissez inconsciemment le mouvement et quand la balle arrive, vous donnez un coup de poignet, ou un coup de coude, ou un coup de n’importe quoi. Et vous ratez. Face à un slice, il faut rester très calme, et bien accompagner sa propre frappe afin de contrôler le plus longtemps l’envoi. Vous verrez, si vous allez plus lentement, vous rirez à tel point c’est facile.
Pour le troisième point – la balle qui ne rebondit pas très haut – il n’y a qu’une solution : fléchir les jambes. Allez, un petit effort, quoi.
P.H.

08.04.2007

Panser les plaies et penser autrement

La défaite belge face à l’Allemagne n’a rien de réellement étonnant. D’une part on savait que Tommy Haas était en super forme et que le deuxième Allemand, Philipp Kohlschreiber, était aussi efficace sur terre battue que peu connu du grand public. D’autre part, les Belges n’affichaient pas, eux, leur meilleur profil depuis quelques semaines. Olivier Rochus sort de blessure, quant à Kristof Vliegen, il ne parvient pas à retrouver ses marques depuis le début de la saison (ses seules bonnes prestations ayant été réussies lors du huitième de finale de la Coupe Davis face à l’Australie).
Quant à Christophe Rochus et Dick Norman, ils n’étaient là que pour faire nombre, tant on sait que l’aîné des frères est hors forme et que le grand Dick est tout sauf à l’aise sur terre battue.
Dans ce contexte, les joueurs de Julien Hoferlin sont d’ailleurs apparus nettement plus timorés que face aux Australiens. Outre Vliegen, qui tint tête pendant un set et quelques jeux à Tommy Haas, on n’a pas retrouvé la hargne de vaincre qui avait permis à la Belgique de se hisser en quarts de finale. Ce qui peut être compréhensible vu, on le répète, le manque de repères des leaders belges.
Cela étant dit, un des visiteurs de ce blog nous fait remarquer que le choix de la terre battue n’était peut-être pas le bon. Et il est vrai que proposer une telle surface semble relever désormais davantage de la tradition belge que de la réflexion logique. Si ce choix était normal face à l’Australie (Hewitt est peu à l’aise sur l’ocre), il aurait pu être autre face à des Allemands qui, comme les Belges, sont élevés sur terre. Si Olivier Rochus a certes gagné ses seuls tournois sur terre, il est également très efficace sur surface mi-rapide. Ce qui est également le cas de Kristof Vliegen (surtout lorsque son service passe) et de Dick Norman. N’étant pas très à l’aise avec leur tennis pour les raisons évoquées ci-dessus, les Rochus et consorts l’auraient peut-être davantage s’ils avaient joué sur la même surface que celle des tournois américains.
Quant à penser autrement, il est également indispensable que Julien Hoferlin fasse désormais fi des diktats de Vliegen et Rochus et qu’il intègre Xavier Malisse dans la formation. On a vu ce week-end, avec la blessure de Vliegen, qu’une équipe ne pouvait pas se baser sur deux joueurs. Cela n’aurait rien changé pour cette rencontre (puisque Malisse est également blessé) mais, dans le futur, il serait ridicule de ne pas faire appel au meilleur joueur belge pour des raisons qui, rappelons-le, devraient également écarter Christophe Rochus de l’équipe, et Justine Henin de celle de Fed Cup. Des raisons stupides, donc.
Pour la première fois depuis longtemps, la Belgique dispose de nombreux mois avant de jouer le huitième de finale du Groupe Mondial. Puissent ces mois être utilisés pour panser les plaies et penser autrement.
P.H.

06.04.2007

Le coup de bluff de Rochus?

medium_rochus.jpgA voir la morgue affichée par Tommy Haas, le leader de l’équipe allemande, on peut être certain que les déclarations d’Olivier Rochus ne tendent qu’à une seule chose : faire croire aux Allemands qu’il n’est pas à 100% de ses moyens.
Le cadet des frères Rochus a en effet affirmé hier qu’il se sentait nettement mieux mais qu’il n’irait pas à fond sur les balles les plus éloignées ou les plus courtes. Or, comme la rencontre se joue sur terre battue, il va sans dire que nombre d’envois nécessiteront précisément des courses folles et des glissades bien étudiées. Si Rochus n’était pas capable de les pratiquer, il aurait refusé sa sélection…
Enfin, c’est du moins ce que l’on peut espérer car, en quarts de finale d’une aussi prestigieuse compétition, on imagine mal un joueur qui ne serait pas à 100 % prendre la décision de malgré tout monter sur le court. Evidemment, Julien Hoferlin n’avait pas tellement d’autres possibilités puisque l’on sait que Christophe Rochus n’est pas au top et que Dick Norman, bien qu’en forme pour le moment, n’est pas un spécialiste de la terre battue…
Quant à Xavier Malisse – le seul Belge faisant peur à Haas – il a une nouvelle fois été laissé sur la touche pour les raisons idiotes que l’on connaît et que l’on a déjà évoquées dans ce blog à la veille du huitièmes de finale face à l’Australie.
Donc, oui, les déclarations de Rochus ne sont qu’un énorme coup de bluff.
Enfin, on l’espère en tous les cas…
P.H.

04.04.2007

Bientôt les interclubs!

Les interclubs, c’est pour dans deux ou trois semaines, selon la région dans laquelle on joue. Voici donc quelques trucs et astuces pour bien commencer votre saison.
1. N’oubliez pas de rentrer votre certificat médical sans lequel vous n’avez pas le droit de pratiquer le tennis de compétition.
2. Si vous avez l’occasion de vous entraîner à l’extérieur, faites-le ! La plupart des joueurs n’auront pas eu votre chance et vous ne pouvez pas savoir le nombre d’avantages que le fait d’avoir pratiqué votre sport à l’extérieur avant le premier match peut vous conférer. La plupart des grosses performances se réalisent en début de saison.
Bon, ok, vous n’avez pas joué dehors avant votre premier match. Pas grave. Voici quelques petits trucs.
3. Avant tout, n’oubliez pas que, à l’intérieur, que ce soit sur terre battue et, pire, sur surface rapide ou mi-rapide, la balle vient à vous. Dehors, sur terre fatalement lourde, c’est vous qui devez aller à la balle. Ce qui veut dire que, plutôt que l’attendre confortablement sur vos deux talons, vous allez devoir vous remuer un peu et vous mettre sur la pointe des pieds. Ne vous précipitez pas mais avancez plus que vous ne l’avez fait pendant tout l’hiver.
4. Surtout, ne jouez pas les lignes. Cela n’a aucun intérêt si vous êtes classés en dessous de B0 (et encore !). Jouez donc un mètre dans le terrain, d’autant que le vent – que vous aviez oublié pendant les six mois hivernaux – peut produire un effet désastreux.
5. Si vous voyez que votre adversaire n’est pas à l’aise, n’hésitez pas à distiller quelques amorties. Comme vous, il a sans doute oublié que, dehors, il fallait aller à la balle. Et, comme vous, il va rater pas mal de contre-amorties.
6. Comme il s’agit de votre premier match dehors, n’essayez pas de prouver à tout le monde que vous êtes bon. On s’en moque, ce qui compte, en interclubs, c’est la victoire. Jouez donc la régularité car votre rival sera frustré de constater que ce qu’il réussissait à l’intérieur en une ou deux frappes, n’est pas réalisable en extérieur. Si vous êtes patient, lui, va péter un câble.
7. S’il y a du soleil, présentez votre balle moins haut au service. Après tout, sur terre, les aces sont assez peu fréquents. Préférez donc une bonne deuxième balle en premier service qu’un ace de temps en temps et de nombreuses doubles fautes.
Bon, avec ces quelques trucs et astuces, vous devriez tenir le choc de la première rencontre. Mais si vous êtes nerveux, n’oubliez pas que, entre chaque balle, entre chaque jeu, vous pouvez prendre le temps. Le temps de vous dire que, finalement, ce qui compte, c'est le plaisir que vous prenez.
Moi, je commence la semaine prochaine et il s’agit de ma… trentième saison. Toujours avec le même plaisir et le même stress. Car, à tous les niveaux, le tennis génère la même adrénaline et le même bonheur. Amusez-vous et n’hésitez pas à nous raconter vos aventures d’interclubs…
P.H.

02.04.2007

La meilleure joueuse de tous les temps?

Samedi, lors de cette fabuleuse finale de Miami entre Henin et Williams, la joueuse belge développa un tel tennis au cours du premier set qu’un consultant de la RTBF n’hésita pas à dire : « Justine est réellement la meilleure joueuse de tous les temps ».
On mettra cette euphorie et cet emballement sur le compte de l’émotion réelle générée par le niveau de jeu de notre compatriote au cours de cette première manche. Mais on ne peut évidemment pas souscrire à cette conclusion hâtive.
Les visiteurs réguliers de ce blog ont peut-être déjà lu le post dans lequel je faisais mention de Roger Federer, que certains présentent – à tort – comme étant le meilleur tennisman de tous les temps. On ne peut évidemment que reprendre les mêmes arguments pour refuser d’accoler ce titre à Justine Henin.
Tout d’abord, même si son tennis est sans doute l’un des plus beaux de ces dernières décennies, il ne faut pas sous-estimer le fait que notre mémoire ne se souvient que des joueuses qui sont nées du temps de la médiatisation. Et, rien que parmi elles, des Chris Evert ou Martina Hingis étaient, elles aussi, de grandes techniciennes. Quant au palmarès, Justine présente certes cinq titres majeurs, mais est encore très loin des Navratilova, Graf ou Evert, pour ne parler que de ces trois-là.
Reste alors à évoquer toutes les joueuses dont nous n’avons qu’une idée minime. Suzanne Lenglen, par exemple, présentait paraît-il un niveau de jeu hors normes. Et que dire de ces jeunes femmes, qui, au début du siècle dernier marquaient les esprits, pourtant engoncées dans des vêtements bien peu pratiques ?
Justine Henin est sans nul doute la meilleure joueuse du moment. Tout comme Federer est le meilleur tennisman de ce lustre. Mais vouloir la comparer à ses aînées n’a pas de sens. Tout comme il est inutile de tenter de prouver que Merckx aurait battu Armstrong. Les temps, les modes de préparation, le matériel sont tellement différents d’une époque à une autre qu’il est illusoire de comparer des champions de temps différents.
Qui plus est, nul ne sait comment, par exemple, Justine aurait réagi face à des jeux comme ceux de Evert ou de Navratilova.
Une chose est cependant certaine : tant Justine Henin que Serena Williams sont des compétitrices extraordinaires. Et, cette année, elles seront sans doute les deux principales animatrices du circuit féminin.
P.H.

29.03.2007

podcast

Ecoutez le nouveau podcast de Renaud Hermal; Serge Fayat et Patrick Haumont.
http://www.lalibre.be/dossiers/_rubriques/podcast/#

Justine l'invincible?

Justine l’invincible ?

Si l’on regarde les statistiques de Justine Henin depuis quelques mois, on peut s’étonner du nombre élevé de victoires obtenues à l’arraché. Souvent, en effet, la numéro 1 mondiale réagit lorsque son adversaire est proche du succès. Ou, plus exactement, semble proche du triomphe. Car, en tennis, plus encore que dans n’importe quel autre sport, les retournements de situation peuvent se produire jusqu’au dernier instant, jusqu’au dernier quinze.
Que se passe-t-il, donc, dans la tête de Justine et dans celle de sa rivale lorsque cette dernière est à quelques points de réussir la performance de sa vie ?
1. HENIN. Du haut de son statut de meilleure joueuse mondiale ; du fait de son expérience des situations extrêmes ; du fait de sa capacité à retrouver son meilleur tennis lorsqu’elle a le dos au mur, Justine sait que, tant que son adversaire n’a pas conclu victorieusement la balle de match, elle peut reprendre le contrôle des opérations. Elle a tellement gagné de matches de ce style, qu’elle ne panique pas vraiment (alors qu’elle peut par contre trembler quelque peu lorsqu’elle mène largement) quand elle se retrouve à 2-4 ou 1-5 dans la manche décisive. C’est à ce moment qu’elle ose jouer les coups les plus audacieux. Et, petit à petit, elle revient sur sa rivale qui, elle, se liquéfie. Les joueurs de tennis qui lisent ce blog ont sans doute déjà vécu ce genre de situation (quel que soit leur niveau). On est mené, on n’en mène pas large. Puis, suite souvent à un coup téméraire, on entend une petite voix qui dit : « maintenant, plus rien ne peut t’arriver » et, de fait, l’état de grâce fait son apparition et on finit par emporter un duel pourtant bien mal parti. Justine, plus souvent que toutes les autres, est régulièrement enveloppée de cette sensation d’invincibilité qui la rend dangereuse jusqu’au dernier moment.
2. SON ADVERSAIRE. A contrario, son adversaire, celle qui mène largement, sait qu’elle joue contre la plus forte du moment. Alors qu’il reste un petit obstacle à franchir, la joueuse commence à se poser des questions. Elle ressent l’émotion de cette performance un peu trop tôt. Son ventre fourmille, son échine également. Et la peur s’empare d’elle : « comment, je vais battre Henin, c’est incroyable ! ». Le temps de se poser inconsciemment la question et, hop, le bras ralentit. La frappe se fait moins lourde. Le geste moins précis. Et Henin revient au score. D’une part, on l’a écrit, pour les raisons expliquées au point 1, mais, aussi, parce qu’elle peut s’appuyer sur des envois moins incisifs de sa rivale.
Cela rappelle les propos de Georges Deniau, un excellent coach français. Qui affirmait sans cesse que tous les joueurs et joueuses professionnelles étaient généralement capables de frapper des coups gagnants mais que rares étaient ceux qui osaient les frapper dans les moments importants. La grande différence entre une star et une joueuse moyenne est effectivement là : la top va frapper une balle de match plus fort qu’une balle à 0-0 alors que la moyenne va au contraire frapper la balle de match avec moins de conviction, plus d’angoisse. Et, donc, elle va louper l’occasion qui ne se présente, face à des compétitrices comme Henin, qu’une ou deux fois par carrière.
Et plus Justine gagnera ce type de match, plus l’équation sera compliquée à résoudre pour ses adversaires.
La clé ? Qu’une joueuse de niveau moyen trouve la faille. Un peu comme Canas montre actuellement à ses pairs que Federer n’est pas invincible…
Mais ce n’est pas demain la veille.
P.H.